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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 11:44

Mark Knopfler, auteur épatant, maître dans l'art de la personnification, ou comment nous faire pleurer en racontant les dernières heures d'un navire en route pour le chantier de démolition.

J'ai adapté ce texte en français en tentant de rester le plus fidèle possible aux images et à la poésie de ce dernier. L'ordre des phrases en est parfois un peu chamboulé, mais cela est souvent nécessaire pour obtenir cohérence et fluidité dans la langue d'arrivée. 

Si Loin De La Rivière Clyde

Le jour de l’échouage,

Le maigre équipage

Vient de prendre un dernier repas

A bord du navire condamné.

Les cuisines sont désertes.

Dans les marmites,

Les restes du ragoût sont encore tièdes.

 

Son heure approche…

Le capitaine s’écarte,

Et abandonne la barre au bourreau

Pour qu’il accomplisse sa misérable mission.

Lancé à pleine vapeur,

Le navire brave fièrement vents et marées,

Tandis que le bourreau l’emmène s’écraser sur le rivage.

 

Si loin de la rivière Clyde

Nous partions ensemble

Tous ensemble.

 

Comme frappé par une lame vigoureuse,

Il se soulève courageusement

Du beaupré au gouvernail,

Pour aller embrasser le sol.

Sous ses pieds,

Chacun sent la quille frémir,

Et sonner, à marée basse, le glas de sa culpabilité.   

 

Puis le capitaine s’approche,

Et serre la main du bourreau.

Il descend lentement

Sur le sable souillé d’huile,

S’avance, tête baissée,

Vers la voiture venue le chercher dans ce cimetière

Pour le conduire en ville.

 

Si loin de la rivière Clyde

Nous partions ensemble

Tous ensemble.

 

Echoué telle une baleine sur un bord de mer ensanglanté,

On retire ses câbles et arrache ses écoutilles.

Trop pauvres pour perdre du temps et éprouver de la pitié,

Les ouvriers s’agglutinent déjà sur sa carcasse,

Torches et pioches à la main.

 

Maintenant dépouillé de ses colonnes,

De ses étais et de ses étançons,

Alors que ne restera bientôt plus,

Sur le sol humide et empoisonné, que son squelette,

Des cordages d’acier le traineront

Par la force des treuils et des moteurs,

Ne laissant dernière eux qu’une large trace dans le sable.

 

Si loin de la rivière Clyde

Nous partions ensemble

Tous ensemble.

 

(Traduit de l'anglais par Aurélien Brusset)

 

Ecouter So Far From The Clyde

 

 

Texte original en anglais sur le site officiel de Mark Knopfler :

http://www.markknopfler.com/music/discography/cd/mk_SoloDetails.aspx?cat=Solo&albumId=a105dc42-cab1-4f8e-a687-09c0640fa901

 

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commentaires

Ged 02/05/2015 10:51

Super ! et poétique !
beau travail

Marchenay Pablo 06/11/2013 07:44


Voilà le lien...


 


http://www.youtube.com/watch?v=zs8GSNHcYw8

Marchenay Pablo 10/06/2013 00:09


Bonjour.


Félicitations pour cette magnifique traduction !


J'ai posté récemment sur Youtube une reprise personelle de ce morceau et je me suis permi de l'insérer dans la description de ma vidéo, en mentionnant bien entendu que vous en étiez l'auteur.


J'ai également ajouté le lien de votre blog.


Cordialement. Marchenay Pablo


 

Mark-Aurel 05/11/2013 19:13



Merci pour votre commentaires.


Pouvez vous me faire suivre le lien de votre video youtube?


Merci.


Cdt.



Ferhat 01/09/2011 21:47



Je suis tellement touché par ce texte émouvant de K.Mark , admirateur de ses deux doigts d'or, je me sens encore plus proche de ces émotions, moi meme marin pecheur et deja confronté a ce type de
situation apres la mise au cimetière du cap St Jaques: bateau de peche industrielle de chez LeGarec démolit en 2008 j'etais avec le capitaine lors de ces dernières heures .... c'est terrible


Merci pour cette traduction sincère !!



Mark-Aurel 04/09/2011 09:53



Merci à vous pour ce témoignage.


Amitiés