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Jeudi 15 novembre 4 15 /11 /Nov 17:01
Jean-Jacques Goldman / Mark Knopfler
Ressemblances et Influences
   
    Cet article se base sur des commentaires et interpretations personnelles.
 
               Jean-Jacques Goldman ne s’en est jamais vraiment caché, il a une réelle admiration pour Dire Straits et pour son guitariste légendaire Mark Knopfler. Et cette admiration trouve sûrement son origine tant dans la manière de structurer la musique, que dans l’intelligence et la richesse des textes. Goldman dira du groupe anglais qu'il possède un « caractère universel », et que ses compositions touchent toutes les générations. Il n’est donc pas étonnant de retrouver ça et là dans l’œuvre de notre auteur-compositeur le plus talentueux et le plus fin de sa génération, les manifestations de cette influence. De même qu’au delà de l’influence nous allons constater que ces deux musiciens se ressemblent en tant qu’hommes par certains traits de leur personnalité, par leur histoire, mais aussi par certains de leurs choix d’hommes et d’artistes.
 
Quelques généralités.  
En effet, il est intéressant de remarquer tout d’abord que l’un comme l’autre ont fait leurs premières armes au violon, un instrument finalement très lié à leurs origines juives, aux musiques traditionnelles et à la culture ayant sans doute bercé leur enfance. Le père de Mark Knopfler, un architecte juif hongrois qui fut contraint de fuir son pays dans les années 40 pour échapper au nazisme et à l’antisémitisme, était d’ailleurs lui-même violoniste. Jean-Jacques Goldman, dont le père avait dû quitter sa Pologne natale pour les mêmes raisons au milieu des années 20, fut très tôt incité à prendre des cours de violon. Bien que se disant peu à l’aise avec l’instrument, ce dernier reste toutefois très attaché à l'instrument et ne manque jamais une occasion de le ressortir quitte à se mettre en danger sur scène. Pour ce qui est du piano, instrument de prédilection de la mère de Mark Knopfler, son utilisation sera très vite détournée pour reproduire les morceaux de Boogie Woogie montrés par l’oncle Kingsley, alors que Jean-Jacques Goldman quant à lui en recevra une formation de type classique parallèlement au violon. 
Cependant, arrivent les années 60 et 70. Mark Knopfler, qui est né en 1949, et Jean-Jacques Goldman, né en 1951, appartiennent donc à la même génération. Ils vont alors baigner dans la même jus musical. Ils se trouveront bien entendu des héros communs tels que Bob Dylan, Leonard Cohen ou encore Johnny Winter, annonçant déjà des similitudes probables dans les orientations musicales qu’allaient prendre leurs carrières. Cela aura aussi pour conséquence l’abandon du violon et du piano au profit de la guitare.
                Il n’est pas anodin non plus de se rendre très vite compte que ces deux artistes ont un rapport à la célébrité très particulier. Ils font partie de ces gens qui ont connu une gloire indéniable, absolue et démesurée, tout en parvenant à rester très effacés et à mener une vie simple, loin des excès du Rock et de la presse people. Une ligne de vie et de conduite discrète au service de leurs carrières respectives, et qui valut à Mark Knopfler le surnom de « Bonnet de nuit du Rock ».   
De l’artiste ils partagent ce coté pensif, introverti, voire introspectif, caractéristique des personnages créatifs en constante réflexion sur eux-mêmes, mais surtout alertés par les questions liées au monde qui les entoure. Delà vient peut-être leur goût plus que prononcé pour la lecture et leur fabuleuse aptitude pour l’écriture, étant tous deux connus pour dévorer littéralement la presse écrite et les livres. Un intérêt pouvant s’expliquer pour Mark Knopfler par un passé de journaliste et de professeur de littérature anglaise, et pour Jean-Jacques Goldman par ses études supérieures en HEC. Leur passé universitaire, leur éducation et leur parcours font certainement la force de ces deux auteurs reconnus dans leurs pays respectifs comme de véritables surdoués. Ils ont l’intelligence, l’érudition et la culture nécessaires pour écrire des paroles sensées, toujours intéressantes, tout en réussissant à garder intacte le pouvoir de suggestion des textes, pour que chacun y trouve son compte et sa signification propre.
                Enfin, si l’on peut également les rapprocher par le fait qu’ils ne font rien sans leur moto (Mark Knopfler est aussi un pilote de voiture averti, un collectionneur, et un passionné de sports mécaniques en général), il est étonnant de constater qu’au même moment de leur vie et de leur carrière, ils aient chacun ressenti ce besoin de se consacrer davantage à leur famille et même de pouponner.

 

Traces :
Des bouts de Mark Knopfler dans la musique de Jean-Jacques Goldman.  

            Pour commencer nous pouvons noter que l’influence ou plutôt les clins d’œil à la musique de Dire Straits et Mark Knopfler dans les chansons de Jean-Jacques Goldman ne sautent pas aux yeux sur la période 1981-1988. Il faudra en fait attendre 1990 et la création du trio Fredericks/Goldman/Jones pour que Jean-Jacques Goldman se sente plus libre qu’explorer de nouveaux horizons musicaux et se permette quelques libertés. Le partage de l’affiche et de la scène aidant peut-être, puisque J-J Goldman aura à cette époque une réelle volonté de mettre en avant les talents de ses deux partenaires et notamment ceux de Michael Jones qui put dès lors affirmer plus franchement son toucher remarquable à la guitare.
            Les premiers indices de l’influence « Knopfler » seront déjà perceptibles sur le premier album du trio. Tout d’abord sur le titre Nuit, premier extrait de l’album, où les guitares très léchées évoquent le style sobre et épuré du sieur de Newcastle.
Toutefois, un autre titre plus évocateur encore du guitariste de Dire Straits dans la structure du solo se trouve en ouverture de l’album. C’est l’excellent C’est Pas D’l’Amour. A l’écoute de ce morceau le doute n’est plus possible, c’est bien un premier hommage déguisé que révèlent les guitares et que remarquent instantanément la Critique.
Mais c’est en 1993, avec la sortie de l’album Rouge, que l’hommage est verbalisé ouvertement dans le titre Des Vies. Ce clin d’oeil est une vraie réussite, d’abord par le simple fait d’arriver à citer le musicien célébré « ils aimera les docksides et Mark Knopfer », peut-on entendre dès le deuxième couplet, mais surtout dans la composition de la musique. Jean-Jacques Goldman se rapproche tellement de la vérité artistiquement, les guitares et les solos sont tellement soignées et travaillées qu’on dirait presque un pastiche d’un titre existant et tiré tout droit de l’album Communiqué. Et pour la petite histoire, ce titre révèle même un Goldman clairvoyant et visionnaire qui parvient à rendre hommage à Mark Knopfler en 1993 avec un titre dont la série d’accords jouée en introduction sera utilisée 7 ans plus tard par le guitariste écossais en personne pour écrire son tube en solo What It Is.
Une fois avoir pris conscience de cette influence, on se surprend à essayer de repérer d’autres indices ou fragments de cette dernière, tant dans la musique que dans les paroles, et à ce niveau là, l’album Rouge nous donne encore un peu de grain à moudre.
Musicalement toujours, après avoir remarqué dans les crédits de l’album que le batteur n’est autre que Chris Whitten, batteur de la dernière tournée On Every Street de Dire Straits au son plus agressif et incisif, on constate que Rouge à tendance également à s’encanailler et à mettre en avant des guitares plus Hard-Rock, dirons-nous. Ce qui nous conduit à nous pencher sur le cas d’un autre morceau de l’album, On A Pas Changé. A priori, rien apparemment dans les accords ne permet de faire un quelconque parallèle avec Mark Knopfler, à l’exception peut-être du fait que les guitares et les solos soient vraiment prédominants, et l’impression première est que ce titre réutilise un riff très proche de Encore Un Matin. Pourtant arrivé au trois quart du titre un effet de style pointe soudain le bout de son nez, un riff intermédiaire marquant une pause accrocheuse qui renvoie immédiatement au riff destructeur de Calling Elvis, sorti sur l’album On Every Street deux ans plus tôt.
Toujours sur le même album, mais cette fois-ci au niveau des paroles, nous retrouvons un thème proche d’une chanson devenue un véritable hymne pour le plus grand groupe de rock des années 80.  Dans Frères, on peut entendre, « Moi je viens des plaines, je suis des montagnes », ce qui n’est pas déjà sans rappeler « These mist covered mountains are a home now for me, but my home is the lowlands and always will be ». Par le titre Frères, on peut donc comprendre en réalité frères d’arme, ou Brothers In Arms en anglais. Et en comparant les deux textes, la thématique développée paraît en effet similaire, bien que présentant un point de vue légèrement différent chez Goldman qui choisit d’être ici plus dans la description que dans la suggestion et plus explicite que Knopfler. 
Les images de guerre, la peur, la souffrance sont omniprésentes dans les deux textes :  
Frères - la même jeunesse, même froid sous la même pluie
Frères - mêmes faiblesses, la même angoisse aux mêmes bruits
Frères - frères de pleurs, frères douleurs
Du même acier dans les mêmes ventres déchirés

Frères - mêmes tremblements, mêmes peur et même fusil
Frères - mêmes talismans, même alcool pour un même oubli
Frères - frères d'instant, frères d'histoire
Gravés sur la même pierre glacée sans mémoire
 

                Through these fields of destruction
               
 Baptisms of fire
               
I witnessed your sufferings
               
As the battle raged higher
               
And though they did hurt me so bad
               
You did not desert me my brothers in arms

La fin renvoyant aux mêmes conclusions et aux idioties de la guerre:  
Frères - même anonymat, frère d'absurdité
Frères - frères d'attente au fond des mêmes tranchées
Frères - frères de sang, frères de mal
De pulsions libérées du fond du même animal
 

               We are fools to make war
               on our brothers in arms! 
 
               Sur les albums qui suivront, à savoir En Passant, en 1997 et Chansons pour les pieds, en 2001, où Jean-Jacques Goldman signe son retour en tant que chanteur solo, les ressemblances avec Mark Knopfler interviendront plutôt désormais au niveau des choix artistiques et des orientations musicales, même si certains arrangements trahiront encore une patte « à la Knopfler ».
Première chose à remarquer sur l’album En Passant, c’est ce retour à l’essentiel, à des arrangements épurés et simplifiés, conséquence directe des effets de la très électrique et très lourde tournée Rouge. C’est également l’électro-choc que subira Mark Knopfler à la fin de la gigantesque et éreintante tournée On Every Street, et qui le fera revenir aux sources, à la musique traditionnelle et au folk. Cet affirmation de l’instrument acoustique s’est d’ailleurs faite grandissante chez Knopfler avec le temps, en témoigne aujourd’hui des albums comme The Ragpicker’s Dream, sorti en 2002, ou encore le tout récent Kill To Get Crimson de 2007.
C’est donc en 1996 que Mark Knopfler décide de commencer une carrière solo plus sage, en retrait du star-system, lui permettant d’explorer des sonorités impossibles à imposer dans l’univers d’un groupe rock comme Dire Straits. Sort alors son premier opus, Golden Heart, où se mélangent musiques celtiques, country et rock et où il fait la part belle aux instruments de musiques traditionnelles et folkloriques, type cornemuses, que Jean-Jacques Goldman utilisera à son tour pour l’album Chansons Pour Les Pieds cinq ans plus tard.
Avant de revenir sur les correspondances dans les choix artistiques et les orientations musicales de nos deux hommes, essayons d’abord de résoudre cette petite devinette toute simple concernant la réorchestration très « knopflerienne » d’un titre de Jean-Jacques Goldman pour la tournée En Passant. Ce dernier avait coutume de le présenter comme étant « une vieillerie du premier album »… Quel est le nom de ce titre ? Et oui, vous aurez bien sûr reconnu Le Rapt, qui lors de cette fameuse tournée, dans tous les sens du terme, s’était étoffé de quelques sons de guitares encore une fois caractéristiques du phrasé de Saint Mark.
Enfin, trêve de plaisanterie. Pour reprendre le fil de notre analyse précédente, je souhaiterais vous soumettre une autre devinette un peu plus élaborée cependant.
En quoi Jean-Jacques Goldman et Mark Knopfler partagent-ils un rêve de chiffonnier? Pour vous donner un premier indice, nous allons dire que c'est en rapport à une certaine conception de l'écriture et de la musique. Mais peut-être, dans un premier temps, faut-il essayer de définir « le rêve de chiffonnier » selon Mark Knopfler, expression renvoyant au titre de son album solo de 2002, The Ragpicker’s Dream. Ce rêve de chiffonnier, consiste en fait à récupérer ça et là des petits brins de choses, et de les mettre bout à bout pour finalement former un tout.  
Indice n°2, nous cherchons un savoir faire musical".
Indice n° 3, cette idée peut-être liée à l’impression d’un certain manque d'unité.
Et bien pour commencer à répondre à cette énigme, ce qui est remarquable chez ces deux auteurs compositeurs, c’est qu’ils sont capables d’écrire sur tout sujet et de composer dans différents styles musicaux. Ils ramassent des fragments d’informations, utilisent des bribes d’influences dans leur vie de tous les jours pour créer quelque chose de cohérent.
Du point de vue des textes, nous pourrions citer par exemple Quality Shoe, de Mark Knopfler, dont l’idée lui est venue en regardant la vitrine d’un magasin de chaussures. Dans cette chanson il se met à déballer l’argumentaire d’un vendeur ventant les qualités d’une paire de chaussures bon marché, dans un style musical très rétro directement sorti du répertoire d’un Roger Miller.
You got your toecaps reinforced with steel
Hard-wearing sole and heel
Make those tired feet feel like new
Take your pick, black or Brown
Great for the country or the man in town
You're gonna need a quality shoe

You don't want no stand-by pair
'Cos these'll take the wear and tear
Made to take good care of you
For that trip by road or rail
For extra grip on those rocky trails
You're gonna need a quality shoe
 
Pour ce qui est de Jean-Jacques Goldman, nous pourrions raconter l’histoire de la naissance du titre Juste Après. C’est en fait en regardant un reportage TV sur une sage-femme ranimant un petit africain, tard dans la nuit, que J-J Goldman fut ému au point d’en écrire une chanson. 
Elle y est sûrement retournée,
le regarder respirer,
puis il s'est endormi.
Comme pleurait cet enfant,
si paisible en ignorant
qu'on en pleurait jusqu'ici
 
L’inspiration pour ces deux génies est véritablement partout ! Soit dit en passant que c’est certainement ainsi qu’on reconnaît les grands auteurs. Ce sont ceux qui sont capables de passer des sujets les plus insignifiants et légers (Twisting By The Pool, Walk Of Life, Les Boys, Elle a Fait un Bébé Toute Seule, 1, 2, 3, C’est Pas Vrai), aux sujets les plus graves et émouvants, et ce ne sont pas les sujets sérieux qui manquent dans le répertoire de Mark Knopfler (Iron Hand, Hill Farmer’s Blues, Why Aye Man, Brothers In Arms, The Trawlerman’s Song, My Parties, Ticket to Heaven …), ni de Jean-Jacques Goldman (Né en 17 à Leidenstadt, Rouge, Peurs, Sache Que Je...).
Musicalement, ils ont une facilité déconcertante à « faire l’éponge », c’est-à-dire à absorber leurs influences diverses pour produire le « jus » qu’ils souhaitent en extraire. Ils ont à la fois réussi à créer leur propre style distinctif, leur propre « jus », et sont également très doués pour reproduire les styles musicaux qu’ils désirent exploiter. Nous avons déjà vu l’exemple de la chanson Des Vies, concernant Jean-Jacques Goldman, où il fait du Knopfler comme Knopfler. Il récidivera même en 2001 avec un hommage aux stars du Boogie Woogie, Status Quo, dans The Quo’s In Town Tonite, où l’on jurerait que ce sont Francis Rossi et Rick Parfitt qui ont écrit certains passages. Mark Knopfler peut quant à lui composer un thème traditionnel venu d’Amérique latine, comme dans Postcards From Paraguay,et la minute d’après se la jouer Elvis dans un bon vieux rock sixties comme Mademoiselle Will Decide.
Ce "rêve du chiffonnier" dont Mark Knopfler parlait tant à propos de l'écriture de The Ragpicker’s Dream, s’applique à cet album, mais aussi à sa carrière plus largement. Si l’on devait balayer les styles qu’il a utilisé en solo, mais aussi avec Dire Straits, l’éventail serait très large et passerait par le rock, le blues, la country, le folk, le classique, la musique celtique et médiévale, les sons latinos, et autres valses…
Cette recherche de la diversité nous rapproche encore une fois de ce que J-J Goldman semble avoir voulu faire dans le cadre de son album Chansons pour les Pieds, qu'on pourrait presque définir d’album conceptuel, dont le but inavoué mais quelque peu transparent était en quelque sorte de créer une unité en se passant justement d'unité, tout ceci avec pour unique dénominateur commun le fait de proposer un album à danser.

Rappelons pour corroborer tout cela la playlist de cet album si particulier et diversifié :
ENSEMBLE - canon chorale
ET L'ON Y PEUT RIEN - gigue
UNE POUSSIERE - techno oriental
LA PLUIE - slow
TOURNENT LES VIOLONS - tarentelle
UN GOUT SUR TES LEVRES - rhythm'n'blues
SI JE T'AVAIS PAS - ballade
C'EST PAS VRAI - disco
THE QUO'S IN TOWN TONITE - rock
JE VOUDRAIS VOUS REVOIR - zouk lent
LES P'TIT CHAPEAUX - swing
LES CHOSES - pop celtique
 
Maintenant, qui ne s’est jamais retrouvé un jour bête en essayant de qualifier le style de certaines musiques de Mark Knopfler ? Et pour ceux qui ne se seraient pas posés le problème, prenez quelques titres au hasard et constatez comme il est souvent peine perdue de tenter l’effort, car la force de cet homme est d'utiliser ses multiples influences et d'en faire quelque chose de totalement personnel et nouveau - c'est ce qu’on a appelé le style « Knopfler ». Et c'est ça l'unité chez lui. Quoi qu'il fasse, quoi qu’il joue, il laisse immanquablement sa patte, sa trade-Mark!
Autres :
Dans les années 70, JJG et MK, tous deux alors sans le sous, entreprennent un périple "vagabond" à travers les Etats Unis avant d'entamer leurs carrières musicales professionnelles respectives. Un voyage qui sera un electro choc pour chacun.
La chanson 4 Mots Sur Un Piano de JJG utilise la thématique du titre de Dire Straits You And Your Friend (1991), à propos d'une relation à trois.
 
Quelques points de divergences.  
Mark Knopfler, c'est la « force tranquille » du rock, comme nous l’avons déjà souligné, le pantouflard flegmatique par excellence sur scène, qui se permet tout juste parfois quelques grimaces lors d'une envolée de soli. Par contre, quelle allure et quelle classe! Avec « une guitare à la main », il ne semble avoir « peur de rien ».
Dans un style scénique très différent J-J Goldman est lui très énergique sur scène. Il sait fédérer, galvaniser un public et quand ça s'énerve un peu, court de long en large sur la scène, fait des allers-retours, et joue vraiment la communication avec le public.
Aussi, là où Mark Knopfler pense qu'il faut le moins possible interrompre le flot de musique (voir interview donnée avant le concert filmé à Sydney en 1986), Goldman lui se permet très souvent d'interpeller ce dernier, de le taquiner, de le faire participer, racontant des anecdotes sur l'écriture ou la signification de tel ou tel titre! Mais ceci toujours dans le cadre d’introductions prolongées pour ne pas risquer de faillir à sa règle des sept secondes!! Cela consiste en clair à ne pas laisser s’écouler plus de sept secondes entre deux enchaînements.
Voici maintenant un point de dissonance un peu plus trivial à propos de la comparaison faite entre Mark Knopfler et Jean-Jacques Goldman. On peut en effet dire que le premier s'est plus ou moins fâché avec son frère David à cause de l'orientation musicale de son groupe Dire Straits, mais sûrement aussi pour des questions plus personnelles de rivalité.
A l’inverse, l’expérience du groupe a permis à Jean-Jacques Goldman de se trouver une sorte d’alter ego, un frère de tournée en la personne de Michael Jones avec qui il a choisi de partager certaines compos comme Je Te Donne, Nuit, ou encore J'oublierai Ton Nom pour Johnny Hallyday, un partage de l’écriture que Mark Knopfler a toujours refusé à son frère David, soit dit en passant. D'ailleurs, chose très révélatrice, pour le dernier album de Michael Jones, Goldman a écrit un titre en hommage à leur amitié fraternelle intitulé Le Frère Que J'ai Choisi. Comment être plus explicite ? 
 
 Jean-Jacques Goldman à propos de Mark Knopfler.
Extraits d’articles.
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Jean-jacques goldman à propos de mark knopfler
Jean-Jacques Goldman, l’inconnu célèbre
France Soir, le 10 décembre 2001
Propos recueillis par Ariane Dollfus
Retranscription de Christine Tascher

“L’homme en or” de la chanson française parle très rarement. Pour la sortie de “Chansons pour les pieds”, il a reçu France Soir pour une interview vérité. Exceptionnel !

Rencontrer Jean-Jacques Goldman est une expérience étrange, tant on se trouve face à un total inconnu, pourtant célèbre. C’est à peine si on le reconnaît, dans les couloirs de sa maison de disques. Les épaules rentrées dans un blouson de cuir ni chic, ni trash, l’homme qui vaut des millions de disques vendus à chaque nouvel opus paraît aussi perdu qu’intimidé, demandant si l’on peut commencer l’interview sans attendre les présentations par l’attachée de presse. Assis autour d’une table de réunion, l’air aussi absent qu’attentif, il parle avec parcimonie, mais avec le mot juste. Réponses elliptiques mais jamais innocentes. Goldman, “l’homme en or de la chanson française”, est un gars bien paradoxal. Incroyablement ordinaire, mais totalement hors norme. Incontournable dans le paysage musical francophone, mais invisible. Et c’est toute la force de cet inconnu célèbre, qui réussit une formidable carrière hors de tous les sentiers balisés du succès, ceux du credo “musique marketing-promo- télé-look du moment”. Trop propre sur lui pour séduire les branchés, trop doué pour rester “chanteur de variétoche”, JJG, qui vient d’avoir 50 ans, de se remarier avec une jeune femme de 22 ans et de sortir son huitième album “Chansons pour les pieds”, reste une énigme. Même s’il lève, ici, un petit coin de son voile.

Ariane Dollfus : Cet album mélange sciemment des genres musicaux extrêmement divers. D’où vient cette envie ?

Jean-Jacques Goldman : Mes albums ont toujours été de bric et de broc. J’attends généralement d’avoir six ou sept chansons pour déceler leur point commun. Ici, j’ai constaté que cela se déclinait en danses, j’ai continué.

Ariane Dollfus : Vous dites que c’est un album pour danser. Les jeunes ne dansent plus assez ?

Jean-Jacques Goldman : Vous savez, je m’adresse de moins en moins aux jeunes. Si j’en juge parce qu’écoutent mes enfants (du rhythm’n’blues, du rap, de la techno), je suis très loin de ça !

Ariane Dollfus : Qu’écoutez-vous chez vous ?

Jean-Jacques Goldman : Les vieux trucs, les nouveaux albums de Mark Knopfler, (donc Golden Heart et Sailing to Philadelphia à l'époque) Laurent Voulzy, Cabrel... Les gens de mon âge, quoi !

[...]
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Week-end Jean-Jacques Goldman

Nostalgie, 26-27 septembre 1997
Christophe Nicolas
Retranscription de Géraldine Gauthier


Christophe Nicolas : Jean-Jacques, est-ce qu'on peut remonter jusqu'en 1982 ?

Jean-Jacques Goldman : Remontons.

Christophe Nicolas : Aller, on remonte ensemble. Est-ce que vous vous ré-écoutez parfois ? Est-ce qu'il vous arrive de ré-écouter certaines de vos anciennes chansons, de vos premiers albums ?

Jean-Jacques Goldman : Il m'arrive de les ré-écouter. Ne serait-ce... alors, lors de 2 occasions. D'abord à la radio, parfois, je suis dans la voiture. Et puis, lorsque je refais la liste des concerts. Faut que je ré-écoute un peu tout pour savoir ce qu'il peut s'adapter à ce concert ou pas.

[...]

Christophe Nicolas : Et est-ce qu'il y a des artistes que vous auriez pu, maintenant rencontrer parce que... bah vous avez le même statut qu'eux et que vous ne souhaitez pas rencontrer, en fait, pour ne pas casser une sorte de rêve, pour ne pas casser un imaginaire ?

Jean-Jacques Goldman : Ça m'est arrivé. j'ai croisé, à plusieurs reprises, en studio, Elton John, par exemple, dont je connaissais les 3 ou 4 premiers albums parfaitement et je n'ai pas osé lui parler. Récemment, on m'a proposé d'aller interviewer Mark Knopfler qui est un guitariste qui me bouleverse et je n'ai pas voulu.


Christophe Nicolas : Vous avez peur d'être un petit peu déçu ou ça vous est arrivé, déjà, de l'être ?

Jean-Jacques Goldman : Non, pas par peur d'être déçu. Par timidité et je me dis que je les connais presque de façon intime, ces gens-là, par ce qu'ils font, que je... C'est comme le groupe Toto, Lou Cater, tout ça... J'ai toujours préféré ne pas les rencontrer. Je savais pas quoi leur dire, quoi. Enfin [...]
 

Michael Jones à propos de Knopfler.
  
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Entretien enregistré à Bordeaux
Retranscription de Jean-Michel Fontaine et Geoffrey Marsan

Geoffrey Marsan : Commençons par les influences musicales. Par quoi es-tu intéressé ?

Michael Jones : La guitare, c'est tellement vaste... J'ai des tonnes d'influences. Chaque fois qu'il y a un mec qui m'étonne, ça m'influence ! Le premier, ça a été Hank Marvin. Après il y avait Joe Brown. Personne ne connaît Joe Brown ! C'était le père de Sam Brown, celle qui chantait "Stop", tu vois ? Le guitariste qui m'a influencé le plus, personne n'y pense, c'est Terry Kath...

Geoffrey Marsan : Qui est-ce ?

Michael Jones : C'était le guitariste de Chicago [le groupe], celui qui s'est suicidé. En fait c'était par accident. Il jouait à la roulette russe et il s'est tiré une balle dans la tête [rires]. Voilà, c'était un génie mais comme tous les génies, il a mal tourné ! [rires]

Geoffrey Marsan : Et dans le Chicago Blues, y a-t-il quelqu'un qui t'intéresse ? Je pense à Buddy Guy par exemple...

Michael Jones : J'étais plus influencé par les bluesmen anglais parce que je suis tombé dedans, forcément. Pour moi, les bluesmen, c'étaient Clapton, Jeff Beck...

Geoffrey Marsan : Jimmy Page...

Michael Jones : Jimmy Page, bien sûr. Et Peter Green, surtout.

Geoffrey Marsan : Et Mark Knopfler, un peu plus tard, est-ce que tu aimes ?

Michael Jones :
Mark Knopfler bien sûr ! Mais Mark Knopfler, pas que comme guitariste, parce que tout le monde pense que c'est un guitariste de génie, mais c'est un parolier fabuleux. Mark Knopfler, c'est un parolier extraordinaire.

Geoffrey Marsan : Tu as une chanson en tête ? Je sais que tu es allé voir la dernière tournée et qu'elle t'a un peu déçu.

Michael Jones : Il y en a plein ! J'ai été déçu par le dernier concert, oui. Il y a une chanson, sur l'avant-dernier album, qui parle des chaussures.

Geoffrey Marsan : "Quality shoe"... [extrait de l'album "The ragpicker's dream"]

Michael Jones : Oui, "Quality shoe". Elle est extraordinaire, cette chanson ! Je veux dire : comment faire une chanson sur une paire de godasses ?

Geoffrey Marsan : Oui, des godasses minables qu'un type essaie de vendre à tout prix. Comme autre grand guitariste, tu as déjà mentionné à plusieurs reprises le nom de Stevie Ray Vaughan...
 
Par BRUSSET AURELIEN - Publié dans : jean jacques goldman
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